Jour 1,
J’entends les ombres.
Elles s’épuisent à me tenir,
Elles tirent jusqu’à en mourir.
Jour 1, dans l’arrière-cour,
Il y a des rats, des souris.
En suis-je une, moi aussi ?
Jour 2, j’étais bien plus docile
Avant de souffrir.
J’ai trouvé l’ombre, au bord du monde.
Je suis partie ce soir,
Et j’ai senti la douleur sourde,
La ligne d’horizon si lourde.
Jour 3, pas ton bras droit,
Je suis ma propre machine,
Celle qui roule sans courber l’échine.
Jour 4, j’ai voulu être sans penser,
Chercher une direction dans les pas d’autres hébétés.
Jour 5, enfin j’ai compris
Que l’ombre et la lumière allaient toujours de pair.
Jour 6, trouver la brèche ;
Le temps qui coule guérit et lave,
J’accepte que je reste une esclave…
Car je suis l’ombre, au cœur du monde.
Je suis partie ce soir,
Et j’ai senti la douleur sourde.
Je suis le ciel et la nuit.
Jour 7, marcher puis courir,
Se laisser infiltrer
Et interpénétrer.
Jour 8,
Sans cesse je vieillis.
Je joue musique et silence
De ma propre symphonie.
Jour 9, je tombe sans fin,
Un infini abyssal, une brèche infernale.
Jour 10, mes yeux sont fermés…
Est-ce que quelqu’un m’entend ?
Est-ce que quelqu’un m’attend ?